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Vendredi 16 novembre 2007 5 16 /11 /Nov /2007 02:52

les éléments essentiels permettant de comprendre les méthodes de l’économétrie :

Quelques exemples

On constate après 1973, dans les comptes nationaux, un ralentissement de l’investissement des entreprises. Mais, sur la même période, leur production a ralenti aussi. Doit-on considérer que le ralentissement de l’investissement est fort ou faible ? Il faut pour cela :
1) avoir une explication théorique de l’investissement, qui le relie à des variables explicatives (ici : variation de la production et rythme des déclassements) ;
2) avoir spécifié cette explication sous la forme d’une équation se prêtant au calcul, ici :
(1) It = c ΔQt + ac Qt-1
3) avoir estimé les paramètres de cette équation par ajustement sur les séries statistiques observées (ici : a = 3,5 % et c = 1,4 sur la période 1963-1973).
Après quoi l’on peut répondre à la question. En l’occurrence, il apparaît que l’investissement a moins baissé que ne l’impliquait le ralentissement de la production : on peut donc dire que, contrairement aux apparences, le comportement d’investissement a été soutenu.
Seule l’économétrie, avec ses trois étapes (explication, spécification, estimation), a permis de répondre à la question.

Élasticité prix

Supposons qu’une entreprise diminue son prix de vente. Cette mesure a deux effets de signe contraire : augmentation des ventes en volume, baisse du prix unitaire. Seule l’estimation de l’élasticité de la consommation au prix, réalisée sur les séries chronologiques disponibles, permet d’éclairer cette question.
L’élasticité prix est :
(2) η = (p/Q) ∂Q/∂p
η est le plus souvent négative. Si 0 > η > -1, l’effet d’une hausse de prix sera d’augmenter le chiffre d’affaires. Si η = -1, le chiffre d’affaires est indépendant du prix. Si η < -1, une hausse du prix fait diminuer le chiffre d’affaires.
On voit ici que le calcul (quantitatif) est indispensable pour conduire jusqu’au bout un raisonnement qualitatif : sans estimation de l’élasticité, il est impossible de prévoir le signe de l’effet d’une modification du prix sur le chiffre d’affaires.

Économétrie et modèles

La théorie économique, notamment la macro-économie, comporte un riche catalogue de spécifications : fonctions de Houtthaker-Taylor pour la consommation, de Cobb-Douglas pour la production, de Bischoff pour l’investissement, etc. Le choix des spécifications est varié (choix des variables et de leur forme : en niveau, en taux de croissance, logarithmes, variations, quotient de variables, variables retardées etc.). La finesse et la cohérence théoriques sont ici les critères essentiels. On doit tenir compte aussi des limites des statistique disponibles.
La tâche propre de l’économétrie est d’estimer les paramètres des équations par ajustement sur les séries passées. L’ajustement conduit parfois à réviser la spécification : lorsqu’une variable " ne sort pas " (coefficient non significatif, cf. ci-dessous), ou qu’elle a un coefficient du " mauvais signe " (effet contraire à celui théoriquement attendu).
L’économétrie ne donne que des indications, non des preuves : on ne peut pas dire qu’une spécification a été " prouvée ", mais seulement qu’elle n’a pas été rejetée par les tests. L’usage de ses résultats doit donc être prudent.
On prend cependant un risque lorsque l’on retient une hypothèse rejetée par l’économétrie (par exemple sur les élasticités). Celui qui procède ainsi doit indiquer pourquoi il s’estime autorisé à passer outre.

Régression 
Supposons que l’on ait spécifié une relation qui explique la variable Y (repérée par une série chronologique, t varie de 1 à T) par un ensemble de p variables explicatives, que nous noterons X1, ..., Xp. Nous noterons Xk la variable explicative courante (k = 1, ...,p).
L’équation à estimer est :
(3) Yt = a1X1t + a2X2t + ... + ap Xpt, ou
(4) Yt = Σk akXkt
A chaque ensemble des T observations relatives à une variable peut être associé un vecteur de l’espace à T dimensions. Supposons que p = 2 ; on peut avoir une situation de ce type :
wpe26.jpg (3775 octets)
X1 et X2 définissent un plan. Si Y appartenait à ce plan, tout serait facile : les coefficients ak seraient les coordonnées de Y dans la base formée par X1 et X2. On les obtiendrait par un calcul simple.
Dans le cas général, Y n’appartient pas au plan formé par X1 et X2 ; l’" explication " de Y par X1 et X2 est " incomplète ". Il peut y avoir des erreurs de mesure, des aléas, ou encore la spécification a négligé une variable explicative importante.
Lors de la phase d’ajustement, on pose par hypothèse que la spécification est vraie (quitte à tester cette hypothèse par la suite). On fait donc comme si la seule raison pour laquelle Y n’appartient pas au plan résidait dans des erreurs de mesure sur Y, ou dans des aléas statistiques.
S’il n’y avait pas d’erreur, on aurait trouvé :
(5) Y*t = Σk akXkt
les ak étant les coefficients vrais.
wpe27.jpg (4547 octets)
Le " vecteur des erreurs " ε a pour coordonnées ε t = Yt - Y*t.
 
wpe28.jpg (3927 octets)
Les programmes de calcul permettent de trouver les coordonnées ak du point Y dans le plan. Ces coordonnées sont les estimations des paramètres de la relation (4).
Commentaires 
1- Il n’y a généralement pas de raison de supposer que le vecteur e est allongé dans une direction de l’espace plutôt que dans une autre. La projection de Y en Y se fait alors selon la définition canonique de l’orthogonalité : elle correspond à la distance euclidienne canonique, (distance)2 = Σ (différence des coordonnées)2. On dit que l’on utilise les " moindres carrés ordinaires " (MCO).
Dans certains cas, on doit supposer qu’il existe entre les coordonnées de e des relations telles qu’il risque de se trouver plutôt dans certaines directions de l’espace : sa distribution de probabilité n’est plus sphérique, mais ellipsoïdale.
On utilise alors une métrique particulière, selon la méthode des " moindres carrés généralisés " (MCG). Elle est notamment utile lorsque ε t est fortement corrélé avec ε t-1. Le test de Durbin et Watson (cf. ci-dessous) permet de savoir si l’on est dans ce cas.
2 - les variables Xk peuvent être presque colinéaires (il existe, dans le paquet des p vecteurs Xk, des vecteurs faisant un angle petit). La détermination des coefficients ak est alors entachée d’une imprécision. Le test de Student (cf. ci-dessous) permet de savoir si l’on est dans ce cas.
3 - l’économétrie comporte des raffinements, mais la plupart du temps les choses se passent simplement : on estime les ak par MCO, et on ne fait autrement que si le test de Durbin et Watson est mauvais, ou si le test de Student est mauvais pour une variable importante. Des méthodes préprogrammées dans les logiciels d’économétrie permettent alors de s’en sortir.
Complément : présentation du résultat d’une régression 
Le résultat d’une régression peut avoir une forme apparemment compliquée, pour peu que le nombre des variables soit élevé.
Considérons l’équation " partage de l’offre " du modèle METRIC, qui répartit l’offre industrielle totale entre production et importations. La présentation est très technique :
X = XI/(XI + IMI) = 0,773 + 30,2/(T + 90) + 0,1 CAPA + Σ 0≤ i≤ 5 ai PXI/PIMI
                          (24,1)    (15,0)              (2,8)
a0 = - 0,032 a1 = - 0,034 a2 = - 0,034 a3 = - 0,030 a4 = - 0,023 a5 = - 0,01
            (3,5)          (7,6)             (9,3)            (6,5)              (5,0)          (4,2)
 
DW = 1,55
SEE = -0,0033 (moyenne de X = 0,83)
Période d’estimation : 1965 à 1976
où les notations signifient :
XI : production industrielle
IMI : importations industrielles
T : temps
CAPA : marges de capacité disponibles
PXI : prix de la production industrielle
PIMI : prix des importations industrielles
Les coefficients ai décrivent une structure de retard sur le rapport des prix relatifs production/importation.
Cette équation traduit trois idées a priori : 1) ouverture tendancielle du marché aux produits étrangers ; 2) on importe d’autant plus qu’il y a plus de tension sur les capacités de production ; 3) on importe d’autant plus que les prix de production sont élevés par rapport aux prix des importations.
Voici l’explication des indications techniques :
En dessous des estimations des coefficients figure entre parenthèses le test de Student. En pratique, il faut que ce test soit supérieur à 1,75 pour que l’on puisse dire que le coefficient est significativement différent de zéro. C’est le cas pour ceux de cette équation.
R2 = 0,99 : le R2 est le cosinus carré de l’angle entre Y et Y. Plus il est proche de 1, plus Y est allongé sur le sous espace engendré par les vecteurs Xk. Si l’on a affaire à des séries chronologiques, le R2 est souvent très fort sans que cela signifie grand chose, car beaucoup de séries croissent avec le temps. Par contre, il faudra s’interroger si le R2 est faible (disons inférieur à 0,6).
DW = 1,55 : c’est le test de Durbin et Watson. Il sert à vérifier si le vecteur des erreurs est distribué indifféremment dans l’espace. DW doit être situé entre 1,5 et 2,5 pour que l’on puisse dire que les MCO sont légitimes. On s’inquiétera si DW < 1 (autocorrélation positive des erreurs) ou DW > 3 (autocorrélation négative).
SEE = 0,0033 : c’est l’écart type de l’erreur qui affecte la variable expliquée. En le divisant par la moyenne des X (ici 0,83), on obtient une idée de la précision de la régression (ici 0,4 %).
Période d’estimation
: indique l’intervalle (1, ..., T) sur lequel les séries ont été observées. C’est une indication importante : bien souvent, les paramètres changent lorsque l’on change de période d’estimation. La pérennité des " lois économiques " que l’on estime par l’économétrie est donc souvent limitée.R2 = 0,99On ne connaît pas Y*, mais seulement Y. On va estimer Y*. La solution qui se présente le plus naturellement à l’esprit est de prendre le point du plan (X1, X2) le plus proche du point observé Y : nous noterons ce point Y. C’est la projection orthogonale de Y sur le plan (X1, X2).
Explication de l’investissement
Par Taoufik Bahou Amarsal - Publié dans : Articles
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Mardi 23 octobre 2007 2 23 /10 /Oct /2007 02:58
L’analyse de la conjoncture
Pratique et perspectives de développement au Maroc
 
L’analyse économique du court terme est de plus en plus pratiquée par les différents organismes de conjoncture dans le monde. Les changements intervenus dans les systèmes économiques, ces dernières années, ont renforcé les besoins en analyse de conjoncture aussi bien au niveau des pays que des organismes régionaux et internationaux. L’ère de la régulation et de la réglementation des différents marchés, par les pouvoirs publics, est révolue. Ces pratiques de régulation administrative ont cédé la place aux libre-jeux des marchés. La privatisation des entreprises publiques a davantage affaibli les capacités d’intervention de l’Etat. Le fonctionnement des marchés selon la loi de l’offre et de la demande s’affirme, de plus en plus, dans les différents systèmes économiques.
 
 
Les dispositions de l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC), régissant les échanges extérieurs viennent renforcer le processus de libéralisation et étendre les principes de la concurrence au sein des marchés nationaux. Les évènements, liés aux ouvertures des économies, se sont succédé, ces dernières années, à un rythme tellement rapide, qu’il est difficile aux pays en développement de bien les assimiler et d’en faire, en conséquence, les évaluations qui s’imposent. Il est à retenir, à ce propos, les différents accords d’associations signés et les différentes zones de libre échange créées.
 
L’économie marocaine se trouve, de ce fait, amplement exposée aux effets de perturbations des marchés du reste du monde. Les incertitudes liées aux prévisions s’amplifient et leur appréciation devient de plus en plus difficile à cerner. Le suivi de l’économie, d’une façon régulière, périodique et continue, objectif, entre autres, de l’analyse de la conjoncture serait de nature à faciliter l’identification d’éventuelles tendances défavorables, nécessitant des interventions correctives sans tarder.
L’AN
L’analyse de la conjoncture
 
L’étude de la conjoncture peut être définie comme étant l’analyse des évolutions du passé récent, l’estimation du présent et la prévision des tendances sur un horizon pouvant s’étendre de trois mois à un an. Il s’agit, en effet, de déterminer la situation présente de l’économie et les inflexions possibles de ces tendances. En d’autres termes, l’objectif essentiel de l’analyse de la conjoncture est de bien apprécier les tendances à l’œuvre, de comprendre les enchaînements de situations actuelles et d’éclairer l’avenir pour que des décisions puissent être prises en temps opportun.
 
L’analyse de la conjoncture s’effectue en trois étapes : la description, le diagnostic et la prévision. La description essaie de satisfaire l’exigence d’une reproduction fidèle et concrète des mouvements conjoncturels, suivant une synthèse descriptive, simple et maniable, de l’information statistique qui en est la base.
 
Le diagnostic conjoncturel fait la jonction entre les mouvements du passé récent et ceux anticipés pour le futur immédiat. Il a pour objectif la connaissance de la situation économique du moment et la définition des éléments d’une prévision précise et argumentée des principales variations économiques. De là, l’analyse consiste à soulever les problèmes qui se posent au sein de l’économie et ceux qui risquent de se poser dans un proche avenir.
 
La prévision conjoncturelle vise l'appréhension des tendances probables à court terme. Les conjoncturistes font usage d’une expérimentation plus systématique des méthodes de modélisation et d’analyse des séries chronologiques, pourexpliciter et formaliser les fluctuations temporelles etpermettre, en conséquence, d’asseoir l’établissement des prévisions.
 
L’expérimentation se manifeste au niveau de la compréhension de l’actualité et du suivi de très près de la situation économique, afin d’en apprécier les tendances en cours de formation et/ou les manifestations de retournement conjoncturel. Une prévision qui ne tiendrait pas compte de cette actualité des événements économiques engendrerait des écarts plus grands par rapport à la réalité.
ATION DE CO
L’information de conjoncture
NJONCTURE
Les conjoncturistes sont confrontés à plusieurs défis majeurs, dont celui de la quantité et de la qualité de l’information statistique. L’analyse de la conjoncture se base sur un maximum d’informations, aussi bien pour l’élaboration du diagnostic que pour l'établissement des prévisions. Ces dernières sont établies sur la base des évolutions récentes, des tendances en cours de formation et, bien entendu, sur des comportements tendanciels des phénomènes à prévoir. La qualité des hypothèses sous tendant les prévisions dépend, dans une large mesure, de l’actualité de l’information mise en œuvre.
 
Pour se faire, il y a lieu de :
 
- recenser l’information disponible, établie définitivement ou provisoirement, synthétisée ou fragmentaire, quantitative ou qualitative ;
- mettre l’information collectée en cohérence dans un cadre global et homogène par l’usage de bases de données appropriées et harmonisées;
- procéder à la structuration de l’information par l’emploi de l’outil statistique ;
- proposer un mode de lecture par référence aux théories économiques ;
- assurer la vraisemblance par l’usage de la modélisation macroéconomique. Ce dernier traitement permet, par ailleurs, de dépasser les examens cloisonnés des différentes variables du système, en essayant de saisir les interactions de celles-ci, ainsi que les tendances générales et généralisées qui caractérisent les véritables mouvements conjoncturels du moment.
 
Les sources d’information, généralement mobilisées par les conjoncturistes, sont les enquêtes infra-annuelles de type quantitatif, les enquêtes de conjoncture de type qualitatif et les statistiques sous produites des activités des administrations et des organisations professionnelles.
 
Les statistiques fournies par les enquêtes de type quantitatif portent, entre autres, sur l’emploi, les prix et les productions sectorielles. Les enquêtes de conjoncture qui sont simples à réaliser, peu coûteuses, s’exécutent rapidement et fournissent des informations adaptées au suivi de la conjoncture, traitent actuellement des activités industrielles, minières, énergétiques et les activités du secteur du bâtiment.
 
Les statistiques sous-produites peuvent être collectées au niveau des différentes activités économiques et financières. Le coût d’élaboration de ces statistiques se limite, pratiquement, à l’exploitation des documents de travail, déjà établis par les administrations dans l’exercice de leurs activités courantes.
Les données de la comptabilité trimestrielle complètent ce panorama d’informations de conjoncture, en donnant à l’analyste le moyen de compréhension du fonctionnement intégré de l’économie.
 
L’information de conjoncture est d’un type particulier, elle est :
 
- infra annuelle, légère et diversifiée ;
- peu coûteuse et actuelle ;
- périssable au vu de l’usage qui en est fait pour la description de la conjoncture.
 
Il est, par conséquent, utile de procéder à la collecte de ces informations d’une façon régulière, continue et actuelle. Les délais de leurs emplois sont limités dans le temps. Au terme des périodes de références pour lesquelles elles sont élaborées, elles ne sont utiles que pour prolonger les séries temporelles à usage rétrospectif.
MODELISATI
Modélisation en analyse de conjoncture
ON EN ANALYSE DETURE
Le caractère particulier de l’information de conjoncture, tel que décrit ci-dessus, oblige l’analyste à procéder, au préalable, à certains traitements visant à mettre en relief les contenus de celle-ci. Le but de ces premiers traitements s est également d’éliminer les informations triviales, ainsi que les informations irrégulières qui, par nature, cachent, par leurs fluctuations, les tendances profondes de la conjoncture.
 
La dessaisonalisation des séries chronologiques s’inscrit dans cette optique de préparation des données, en éliminant de la série les variations saisonnières. Une série de données temporelles non désaisonnalisées ne se prête pas toujours à une lecture aisée. Les fluctuations importantes de la saisonnalité dominent généralement l’évolution globale de la chronique et empêchent une identification adéquate des évolutions recherchées par le conjoncturiste. Ce dernier est amené donc à procéder à la décomposition des séries temporelles en distinguant les différentes fluctuations qui définissent son évolution, à savoir: le mouvement saisonnier, la composante cyclique, la tendance et la composante irrégulière.
 
Le conjoncturiste s’intéresse, entre autres, au cycle économique de court terme. Ce dernier renseigne sur les phases ascendantes et les phases descendantes de l’économie, à travers un calcul d’indicateurs synthétiques de conjoncture. De par sa définition, la représentation du cycle permet de signaler les points de retournement de la conjoncture.
 
La tendance est extraite de la série par les techniques de décomposition. Le cycle est obtenu par différence entre la série désaisonnalisée et la tendance. Il est à noter que la tendance d’une grandeur est une mesure de son évolution à terme, sa modélisation nécessite, en conséquence, des séries d’observations assez longues.
 
La pratique de l'analyse cyclique permet également d'approcher le positionnement de la situation économique dans le cycle conjoncturel, de définir des indicateurs composites et d’apprécier les écarts par rapport au niveau tendanciel de la grandeur.
 
Les séries, ainsi traitées, se prêtent à des modélisations diverses, parmi lesquelles il est à citer la modélisation économétrique, les modèles autorégressifs et les modèles à correction d’erreur.
 
Le premier type de modèle se base sur les concepts de variables endogènes et de variables exogènes.
 
La formulation des équations se fonde sur la théorie économique et sur l’évolution en moyenne des grandeurs traitées. Les modèles économétriques s’adaptent, en conséquence, beaucoup plus au traitement des séries de long terme. L’interprétation des résultats, après estimation des paramètres, est plus aisée.
 
Les modèles autorégressifs mobilisent l’histoire de la série et sont couramment utilisés pour le traitement des données à court terme. Ils appréhendent d'une façon mécanique les fluctuations conjoncturelles des séries chronologiques.
 
La dernière catégorie de modèles, citée ci-dessus, est conçue pour combiner à la fois les avantages des liaisons économétriques à terme et les relations autorégressives de court t e r m e. L’inconvénient de cette dernière approche est que son application nécessite une masse importante d’informations et des conditions trop restrictives sur la co-intégration des variables étudiées.
LES O
Les organismes d’analyse de la conjoncture
RGANISMES D’ANALYSE DE LANJONCTURE
Les besoins, de plus en plus pressants, en analyse de conjoncture ont été à la base de la création d’un nombre important d’organismes de conjoncture à travers le monde, ces dernières années. L’activité d’analyse de la conjoncture est actuellement traitée, au niveau national, par des organismes publics et des institutions privées, et au niveau international par des institutions, notamment régionales, chargées des analyses économiques et financières des pays membres.
 
Au Maroc, il est à noter ces dernières années, la naissance de nouvelles institutions publiques et privées en charge des activités d’analyse de la conjoncture économique dont les travaux exercés sont de type sectoriel ou global. Plusieurs départements ministériels, ainsi que des organisations professionnelles, procèdent à des collectes d’informations de conjoncture et publient des descriptions de situations économiques d’ensemble ou pour certaines branches d’activités particulières tels l’industrie, l’agriculture, les mines, l’énergie, la pêche et le bâtiment. L’Institut National d’Analyse de la Conjoncture (Inac), relevant du Haut Commissariat au Plan, fait partie de cet ensemble d’unités qui traitent de la conjoncture économique au Maroc.
 
Les approches d’analyse utilisées diffèrent d’une institution à l’autre. Les différences se situent, entre autres, au niveau du terme adopté, des niveaux d'agrégation traités et du type d’analyse pratiquée. L’INAC, compte tenu des attributions du Haut Commissariat au Plan, s’est vu confier la mission de la synthèse conjoncturelle qui porte sur la description, le diagnostic et la prévision à court terme.
LES DIFFICU
Les difficultés de l’analyse de la conjoncture
 
L’analyse de la conjoncture s’effectue sur la base d’une information riche et dive r s i f i é e. La difficulté de disposer de cette information est accentuée par le fait qu’elle doit être actuelle pour, décrire les évolutions récentes, permettre une estimation de la situation présente et prévoir les tendances pour le futur immédiat.
 
Le système d'informations de conjoncture souffre encore de lenteur dans l’exécution des collectes et l’élaboration des données. Les délais d’exécution dépassent parfois les périodes retenues pour l’analyse de la conjoncture.
 
Les enquêtes de conjoncture, de type qualitatif, basées généralement sur la technique des sondages d’opinion, sont effectuées par correspondance auprès d’un échantillon d ' e n t reprises. Ces enquêtes, malgré l’importance qu’elles revêtent pour l’analyse de la conjoncture, accusent des retards dans les réponses des chefs d’entreprises ou même parfois des non-réponses. Ces opérations, de nature légère et rapide, sont censées fournir de l’information relative au trimestre passé, appuyée par les appréciations des enquêtés sur les tendances en cours de formation et les anticipations de croissance des chefs d'entreprises pour le trimestre qui suit.
 
Les enquêtes de conjoncture sont peu coûteuses par rapport à la masse d’informations qu’elles procurent. L’extension de leur champ de couverture aux ménages, aux activités commerciales, touristiques et de services est de nature à permettre un approfondissement significatif de nos connaissances sur le fonctionnement et l’évolution des activités économiques couvertes par l'enquête.
 
Les statistiques administratives sont également insuffisamment exploitées, malgré la masse importante de données qu’elles peuvent générer périodiquement sur un grand nombre d'activités économiques et financières. Les administrations qui en produisent actuellement, d’une façon régulière et périodique, sont encore peu nombreuses.
 
La mise à niveau de l’information statistique sous-produite des activités des administrations pourrait être envisagée dans le cadre d’un système national de statistiques. Les producteurs et
les utilisateurs pourraient intervenir sur la base de programmes de partenariat, en fixant les besoins et les moyens à mobiliser pour faire du traitement de ces statistiques administratives une opération continue, régulière et généralisée à un maximum d’administrations et d’associations professionnelles.
 
Les spécificités du travail des conjoncturistes
RISTE
La périodicité, la régularité et la continuité des travaux de l’analyse de la conjoncture nécessitent la mobilisation d’une équipe de chercheurs dynamiques et compétents. Le conjoncturiste opère dans un contexte contraignant à la fois par la complexité des sujets traités et par les délais, très courts, d'exécution de son travail (généralement un trimestre).
 
Le conjoncturiste est appelé à appréhender des situations économiques complexes avec peu d’information et en un temps quasiment réel. Il fait appel à la théorie économique, à l’économétrie et à la statistique. La maîtrise des mathématiques, en tant qu’outil d’application des disciplines, mentionnées ci-dessus, est une nécessité pour le conjoncturiste.
 
Le développement des outils d’analyse est une opération qui accompagne en permanence les travaux de production réalisés par le conjoncturiste. Il entretient, en continu, la double fonction de chercheur et de praticien. La stabilité dans le métier et la spécialisation sectorielle ou thématique du chercheur, dans ce domaine, sont indispensables au bon déroulement de son activité.
 
Ces exigences, si elles ne sont pas traitées convenablement, pourraient constituer un frein au développement, à terme, des activités d'analyse de la conjoncture et réduire les capacités de capitalisation du savoir faire dans ce domaine. D’une part, les activités d’analyse de la conjoncture seraient moins attractives pour les cadres et, d’autre part, les prédispositions à l’effort, en continu, en matière de recherche et de production de la part du conjoncturiste, peuvent s’estomper avec le temps, surtout en l’absence d’un traitement statutaire approprié.
 
Par Ali EL AKKAOUI
 
Par Taoufik Bahou Amarsal - Publié dans : Articles
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